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Les anciens voisins devenus adversaires...

20 octobre 2016 - 13:59

Coupe de France - Johann RUFFAT (SA Mérignac) et Jean-Philippe FRANCOIS (Bassin Arcachon) ou les anciens voisins devenus adversaires...

Johann Ruffat et Jean-Philippe François se connaissent depuis de nombreuses années. Pour la première fois sur un match officiel, l'entraîneur du SA Mérignac et le préparateur physique de Bassin Arcachon seront adversaires. L'occasion de faire une interview croisée dès plus sympathique qui annonce une belle opposition ce samedi. (par Marie-Laure Julian)

 


Coupe de France - Johann RUFFAT (SA Mérignac) et Jean-Philippe FRANCOIS (Bassin Arcachon) ou les anciens voisins devenus adversaires... Quelle a été votre réaction lors de la découverte de votre adversaire pour le 6e tour de la coupe de France ?
Johann Ruffat : Sincèrement aucune si ce n'est de me dire que ça allait être sympa de retrouver mon ami Jean-Philippe François ! Malgré le fait qu'il travaille pour le club du FCBA, il m'aide à confectionner ma programmation athlétique. Et d'ailleurs, dès l'annonce du tirage, il m'a corrigé la programmation en ajoutant un 15/15 la veille du match...
Jean-Philippe François : Content de jouer contre l'équipe de Johann mais surtout qu'on allait se rencontrer deux fois en peu de temps car on les reçoit dans 15 jours à Arcachon en championnat. C'est d'ailleurs le contenu du premier message que je lui ai envoyé après le tirage. Après, ça va être un match difficile contre une équipe de la même poule qui est en progrès constant dans son projet de jeu. Donc très loin des considérations que l'on peut penser qu'un "cador" de la R1 comme on veut bien nous qualifier et comme jamais nous avons revendiqués ce statut. En toute humilité, notre seul objectif en championnat est de prendre du plaisir collectivement à travers différents principes de jeu mis en place depuis le début de la saison. Que chaque joueur se retrouve dans ce projet et on entre sur le terrain bien sûr pour gagner chaque match. Après dans le football il y a un adversaire et donc une incertitude que l'on peut maitriser plus ou moins bien ce qui fait que le résultat est aléatoire. Nous avons donc en coupe cette même ambition et avec une volonté affichée d'atteindre si possible ce 7ème tour, premier tour national ce qui n'est plus arrivé depuis longtemps au club.

Cette rencontre sera sur fond de retrouvailles, mais une première en tant qu’adversaire ?
Johann Ruffat :Oui. Jean-Phi baigne depuis de nombreuses années dans le monde séniors alors que pour ma part, c'est une première expérience à ce niveau-là. Peut-être qu'on a joué l'un contre l'autre quand il était à Lanton et que j'étais à Arsac Le Pian en DSR. Je sais que c'est un redoutable attaquant au Foot5 mais je sais pas s'il était sur la feuille de match ce jour-là.
Jean-Philippe François : Oui en match officiel car nous nous sommes rencontrés en amical durant l'intersaison. C'est la première expérience sur un banc d'équipe seniors pour Johann donc oui premières retrouvailles officielles. Mais pour l'instant il y a peu de "chambrages" entre nous, comme s'il y avait un peu de retenu. Mieux vaut pas trop s'aventurer à ça car là pour un match de coupe ça passe ou ça casse pour l'un et l'autre. Pas de seconde chance comme en championnat donc on est un peu sur la réserve ou alors Jo est peut être trop occupé à disséquer notre jeu....  

De joueur joker à entraineur...

Johann Ruffat déclare : "Au football nous ne sommes pas adversaires, nous sommes des partenaires de jeu". Cette photo, prise hier, illustre sa pensée. Johann Ruffat déclare : "Au football nous ne sommes pas adversaires, nous sommes des partenaires de jeu". Cette photo, prise hier, illustre sa pensée. Vous avez été éducateur dans le même club, à Libourne, où une histoire d’amitié est née. Quels souvenirs gardez vous de cette période ?
Johann Ruffat : On s'est connu avant. On était tous les deux à la commission technique Gironde-Atlantique. Je crois qu'on avait travaillé ensemble sur une compétition Futsal du district à Lanton, dans le fief de Jean-Phi d'ailleurs. Le courant est passé de suite. On a la même philosophie de la vie, à savoir qu'il y a des moments pour déconner et d'autres pour travailler. Ensuite, il m'a permis d'intégrer le FC Libourne avec un contrat de CAE à la clé. On habitait dans la même résidence avant qu'il ne déménage pour rejoindre sa dulcinée "Cœur d'amour"! J'étais déçu car il m'invitait tous les midis à manger, j'économisais du temps et de l'argent et je mangeais plutôt bien. On a travaillé deux ans ensemble. La deuxième année a été compliquée car la gestion du club laissait à désirer après le retrait de Serge Desport notamment, qui était un bon président. Malgré tout, on s'entendait bien entre les éducateurs et avec notre RTJ Patrick Arréchea. Il m'avait aidé à poursuivre le travail sur la section sportive Duras en prenant la séance du jeudi notamment. Un véritable ami quoi !
Jean-Philippe François : De très bons souvenirs sur le plan humain car cela était dur sportivement autant pour lui que pour moi. La première saison j'étais préparateur athlétique avec l'équipe de CFA2 et nous avons connu une descente sportive car il faisait partie du groupe des joueurs et la deuxième saison nous étions tous les deux éducateurs, lui des 17 nationaux et moi des 19 nationaux avec deux relégations en fin de saison.
A coté de ça, on se retrouvait souvent pour passer de nombreux moments ensemble car on habitait la même résidence à Libourne. Et il connaissait le chemin de l'appartement par cœur pour venir partager la table avec moi...
J'avais pas besoin de lui dire de venir. Soit disant qu'il fallait qu'on discute "football" et qu'on bosse après.... C'était la bonne excuse mais au moins j'ai contribué à son bon équilibre alimentaire durant ces deux années de "vie de voisin" !
Et ça m'a permis petit à petit de mieux le connaitre. Et Jo avait son caractère ! Car un jour d'entrainement de l'équipe CFA2 à Moueix, il m'a permis de voir pour la première fois de toute ma carrière, et je sais pas d'ailleurs si je vais le revoir un jour, un joueur quitter la séance, partir aux vestiaires et jeter sa chasuble par terre car il s'est retrouvé
joueur "joker" dans un jeu... Thierry Oleksiak, entraineur de l'équipe, et moi-même, avions été totalement surpris de sa réaction qui lui avait valu d'être convoqué par le coach dans notre vestiaire pour s'expliquer. J'avais passé tout le temps de l'entretien, ma tête dans mes chaussures tellement la situation était pour moi irréaliste et que j'avais envie de rire... Je serai curieux de voir comment il va réagir maintenant si un jour un joueur de son équipe lui fait ça...  

Quand le côté breton ressort...

Cela annonce un bon état d’esprit du du côté des bancs de touche, avec un peu de "chambrage" ?
Johann Ruffat :Le bon état d'esprit sera présent car je pense qu'entre les deux bancs de touches, il y a des gens intelligents qui aiment le football et qui sont là que pour ça.
Durant les matchs, je m'occupe que de mon équipe donc les arbitres ou les adversaires sont tranquilles avec moi. Je pense qu'on a déjà suffisamment de travail avec nos groupes, pour essayer de les faire progresser, plutôt que de pleurer sur d'autres acteurs.
On se fera une petite bise avant et après le match, on s'écrira 2/3 petits SMS avant et après et puis pendant le match, chacun aura ses problématiques à gérer. Les coachs du FCBA savent très bien qu'ils sont favoris, à nous de les embêter au maximum pour passer !
Jean-Philippe François :Non je pense que durant le match de samedi, on restera concentré et respectueux. Et de part ma fonction, je me dois de rester assis au contraire de lui. Après je sais comment il est. On peut déconner avant et après mais par contre une fois qu'on est sur le rectangle vert comme il aime le dire, c'est concentration maximale sur le match ou la séance d'entrainement. D'ailleurs, Jo sur un terrain, c'est plus du tout le même qu'en dehors. Son
visage se ferme et ça rigole plus ! C'est son coté "breton" qui ressort....

Quel est votre objectif respectif dans cette compétition pour cette saison ?
Johann Ruffat :Je fonctionne toujours sans objectif. Ce n'est pas un manque d'ambition, c'est tout simplement pour me permettre d'être concentré sur le moment présent. Qu'on soit bon contre le FCBA d'abord, qu'on passe et on verra ensuite. Après le match, on sera peut être reversé dans une autre compétition... ou pas ! A nous de faire le nécessaire pour continuer dans cette belle épreuve.
Jean-Philippe François : On s'est fixé avec les joueurs d'atteindre au minimum le 7ème tour de cette compétition dans l'espoir pourquoi pas de rencontrer un club professionnel pour une belle fête à Arcachon. Pour l'instant notre parcours et nos résultats font que nous sommes dans l'objectif. Mais dans un match de coupe il n'y a qu'un vainqueur à chaque match. Donc à nous de faire ce qu'il faut pour être au prochain tirage à Paris.  

Quelques petits tacles...

Comment abordez vous cette rencontre ?
Johann Ruffat : On va visionné le match amical avec le staff où l'on avait perdu 6-0 en juillet et travailler la semaine sur le principe de jeu de notre programmation annuelle. Pas de préparation de match particulière donc.
Tout se joue sur un match en coupe contrairement au championnat. A nous d'être présents ce jour-là. Contrairement aux idées reçues, la coupe n'est pas seulement pour les joueurs, c'est une compétition pour notre club surtout ! Pour tous les gens qui travaillent notamment et ceux qui nous suivent. Encore plus quand on reçoit et ça sera le cas pour ce match.
Jean-Philippe François :Les joueurs sont impatients d'y être pour déjà retrouver un match de compétition et faire oublier dans les têtes cette défaite contre Libourne ce week-end en championnat. Les joueurs sont ressortis frustrés de ce match et conscient qu'il y avait moyen de faire beaucoup mieux dans le jeu et donc obtenir un meilleur résultat. Le score est lourd, pas révélateur de notre prestation je pense mais Libourne n'a pas volé sa victoire car a su être
bien plus réaliste que nous dans les zones décisives du terrain. Donc rien que pour ça beaucoup d'envie et de motivation. Et il y a aussi cet volonté bien marquée de se qualifier qui doit être bien évidemment bien présente aussi chez notre adversaire. Donc à nous de faire ce qu'il faut et de mettre tous les ingrédients nécessaires pour se qualifier et ne pas avoir de regrets comme le week-end dernier.

Avez vous un dernier message à faire passer à votre adversaire si particulier ?
Johann Ruffat :Que le meilleur gagne, que l'amitié triomphe et finalement, je me dis que j'ai déjà gagné. En acceptant de jouer le match samedi soir, j'aurais la chance de voir Jean-Phi au match ! Il est souvent absent le dimanche car il est souvent en repas de famille où il prépare toujours le dessert comme c'est un fin pâtissier !
A samedi soir donc mon Jean-Fifou !
Jean-Philippe François : J'en ai trois. Deux pour Jo et un pour "Mimine" qui se reconnaitra. Déjà, mais je l'ai déjà dit à Jo, et s'il doit être meilleur et qu'il se qualifie, j'espère que ça sera pas dans un domaine spécifique de performance
qu'il aura fait la différence et il le sait lequel....
En enfin, je te promets "Mimine" que l'on fera tout, nous, pour nous qualifier pour ce septième tour afin que Jo t'amène au plus vite à Londres comme il te l'a promis... Pas besoin de me remercier si ça arrive juste profitez en après ! Et enfin, si Johann veut m'inviter pour une fois chez lui pour qu'on débriefe le match, je serai disponible et ça sera avec plaisir car pour moi il habite toujours Libourne. Impatient d'être à samedi pour en découdre et en espérant surtout que les deux équipes proposent un beau match pour tous les gens qui vont décider venir le voir. Et que le meilleur gagne, en espérant bien sûr que ce soit Arcachon !

Propos recueillis par Marie-Laure Julian

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